« T héâtre de proximité » sont les mots préférés d’Yves Brulois. Fondateur de La Fabrique de théâtre, le metteur en scène crée des spectacles de petite forme qui s’adaptent à tous les lieux.
Sur le thème : le théâtre ira-t-à toi, il entend faire bénéficier de ses créations le public éloigné des offres culturelles. Depuis l’an dernier, il s’est posé à Marquise sur la volonté de la municipalité. Au-delà d’une résidence, il s’agit d’implantation qui se pense sur la durée. En décembre, la compagnie présentera une nouvelle création : Kanhlak’pak, le Grand Corbeau, imaginée pour les spectateurs de 8 à 12 ans.
La Fabrique de théâtre a donc signé avec les élus de Marquise une convention pour trois ans. Selon Yves Brulois, « cela permet de poser les bases d’un travail de fond sur le territoire. C’est une chance à saisir pour la population ». Des locaux pour les bureaux, des salles municipales pour répéter, le château Mollack pour le spectacle, une aide financière… et en échange une création, des rencontres avec la population, des petits rendez-vous, des stages, des ateliers en milieu scolaire. « Il s’agit de faire en sorte que chacun se sente plus qu’un simple spectateur de théâtre », explique le metteur en scène. Au-delà de Marquise, Yves Brulois souhaite que sa démarche puisse être élargie au territoire de la Terre des 2 Caps dont l’intercommunalité a une compétence culturelle.
Soutenue par le conseil général, le conseil régional et l’état, La Fabrique de théâtre propose Kanhlak’pak, le Grand Corbeau, une histoire née de légendes inuits et amérindiennes. Spécialement conçu pour s’adresser à la sensibilité du jeune public, le spectacle use de moyens visuels et sonores, casse et mélange les codes de représentation. Yves Brulois a fait appel aux compétences de l’excellent Patrick Smith, plasticien, qui donnera à voir et à entendre ses objets, masques, machines visuelles et percussions. Le talentueux Pierre Bourquin assurera la conception de l’espace scénique tandis que Stéphane Zuliani, compositeur, fera jouer les espaces sonores en relation avec les comédiennes. « Kanhlak’pak entraîne le spectateur dans un monde à la fois étrange et familier. D’un côté, les héros sont confrontés aux difficultés quotidiennes pour leur survie. De l’autre, les récits sont pétris de fantastique. » Le Grand Corbeau est à la fois Till l’espiègle, Gargantua et Renart… escroc, voleur, farceur. Il est surtout très drôle et devrait plaire aux jeunes et à ceux qui ont gardé une âme d’enfant.